Le Tour de Corse est en fait né d'une discussion entre amis ! Réunis autour d'une table, les convives
de l'époque envisagent de réorganiser le Grand Prix de Corse, mis en place trente-cinq ans
auparavant.
Le rêve devint réalité lorsque les 17 et 18 décembre 1956, le “Rallye des 10.000 virages” prenait
forme. Cette année là, sur les 43 concurrents au départ, seuls 24 parvinrent à franchir la ligne
d'arrivée. Mesdames Gilberte Thirion et Nadège Ferrier, victorieuses au volant de leur Renault
Dauphine, ne se doutaient certainement pas qu'elles venaient d'ouvrir une grande page d'histoire…
L'année suivante, l'épreuve intègre déjà le Championnat de France Grand Tourisme alors qu'en
parallèle se déroule la première édition du rallye de l'Ile de Beauté, remporté par l'équipage
Altieri-Calizzi sur une Triumph TR3.
Une épopée mondiale ininterrompue !
Lors de la création du Championnat du Monde des Constructeurs en 1973, le coeur des instances
dirigeantes du sport automobile national balancent entre le Tour de France et le Tour de Corse.
Finalement, c'est bel et bien le Tour de Corse qui est choisi. Depuis, l'épreuve ne quittera jamais
le plus haut niveau de la discipline…
1979 n'est pas une année comme les autres dans l'histoire du “Tour”. En effet, la Fédération
Internationale du Sport Automobile (la FISA) crée le Championnat du Monde des Rallyes Pilotes qui
intègre évidemment le Tour de Corse à son calendrier ! Un certain Bernard Darniche s'impose pour
la cinquième fois en Corse alors que Björn Waaldegard est dans le même temps sacré Champion
du Monde.
L'épopée du Tour de Corse n'en finit alors plus de faire couler de l'encre, chaque édition étant
auréolée par les plus hauts faits sportifs. Ainsi la main mise des voitures ou des pilotes français
a-t-elle marqué le début des années 2000. En effet, après la victoire des frères Gilles et Hervé Panizzi en 2000 sur leur Peugeot 206 WRC, l'espagnol Jesus Puras prend le relais en 2001 au volant
d'une Citroën Xsara WRC. Un an plus tard, par l'entremise de Gilles Panizzi, Marcus Grönholm et
du regretté Richard Burns, Peugeot s'octroie un magnifique et historique triplé sur les routes du
Tour de Corse.
Las, l'épopée française marque une pause… Les éditions 2003 et 2004 sont en effet bien plus complexes à négocier pour les compatriotes de Napoléon... Deux pilotes étrangers, et non des moindres,
réalisent l'exploit d'accrocher pour la première fois à leur palmarès l'épreuve asphalte insulaire
: le norvégien Petter Solberg (Subaru Impreza WRC), puis l'estonien Markko Märtin (associé au regretté Michael Park) sur Ford Focus WRC.
Les années Loeb
Mais en 2004 en Corse, les fans tricolores ont largement le loisir de se consoler en fêtant
Sébastien Loeb, sacré pour la première fois Champion du Monde des Rallyes Pilotes en Corse ! Le
même 'Seb' fera encore plus fort en 2005 : déjà assuré d'endosser une nouvelle combinaison de
Champion du Monde avant même le départ du “Tour”, l'Alsacien enlève l'ex-rallye des 10.000 virages
pour la première fois de sa carrière et, surtout, s'impose sur toutes les spéciales. Pareil exploit
ne s'était jamais produit dans l'histoire du Championnat du Monde des Rallyes…
2006 - 50ème Rallye de France Tour de Corse : Seb double la mise
En marche vers son troisième titre de Champion du Monde des Rallyes, Sébastien Loeb n'a pas laissé passer l'occasion de s'illustrer sur son sol national. Mais cette fois-ci, ce ne fut pas avec l'aisance, presque insolente, avec laquelle il avait dominé la 49ème édition… Loin s'en faut car, à l'évidence, Marcus Gronholm a fait bien mieux que de lui donner du fil à retordre. Le géant finlandais et sa Ford Focus WRC ont même exigé de l'Alsacien qu'il tutoie les limites sur les routes Corse… Grâce à sa Citroën Xsara WRC, parfaite et sans faille tout au long de l'épreuve et à une seconde étape rondement menée, le pilote français s'en est allé cueillir son 23ème succès mondial, le troisième (consécutif, s'il vous plait) en Corse. Cette victoire, on le sait aujourd'hui, aura évidemment beaucoup compté à l'heure où Seb dut se résoudre à suivre les dernières manches du Championnat devant son écran de télévision alors qu'il se remettait doucement de sa vilaine chute de VTT…
En tous les cas, pas un seul des milliers de spectateurs présents sur l'Ile de Beauté ne s'est plaint du spectacle offert. Ni de la part des deux immenses champions qui ont dominé la course, ni de leurs suivants. Daniel Sordo et Mikko Hirvonen se sont en effet livrés à un duel non moins passionnant pour prendre possession de la dernière marche du podium. Un mince avantage (10 secondes…) est finalement revenu au premier nommé, pilote de l'autre Xsara WRC du team Kronos, face à celui de la seconde Focus d'usine. Parfaitement dans le match en début d'épreuve, Alexandre Bengué a pour sa part accompli l'une des plus belles performances de la 50ème édition. Le Haut- Pyrénéen insère en effet sa Peugeot 307 WRC au dernier rang du top 5 final. Un véritable exploit à ce niveau de la compétition. Autre français en lice, Stéphane Sarrazin a eu le mérite, pour le compte d'une équipe officielle Subaru véritablement en mal de compétitivité en 2006, d'inscrire un point…
JWRC : la surprise signée Brice Tirabassi
Brice Tirabassi gardera très certainement un souvenir impérissable de son Tour de Corse 2006.
Leader à l'issue de la première spéciale, le jeune Maximois, associé à l'Ajaccien Jacques-Julien Renucci, sombre ensuite rapidement au classement. Il faut dire que sa Citroën C2 zigzague quasiment sur les routes de l'île et qu'une crevaison dans le cinquième chrono n'arrange rien à l'affaire…
Malgré cela, Brice, resté en embuscade, se surprenait lui-même à franchir la ligne d'arrivée
finale en tête de la catégorie. On ne peut plus malheureux, Urmo Aava qui s'acheminait vers
un premier succès en Junior WRC, voyait le moteur de sa Suzuki Swift rendre l'âme dans l'ultime épreuve spéciale… Yohann Bonato, membre de l'Equipe de France FFSA Rallye, se distinguait lui aussi. Reparti dans le cadre du “Super Rally” après des déboires mécaniques lors de la seconde étape, le Haut-Savoyard signait l'intégralité des temps scratch de la dernière étape.
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